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Human Interaction Management 20 août, 2008

Posté par dailymanager dans : demarche,efficacite,encadrement,objectif , ajouter un commentaire

Quel titre ambitieux ! La gestion des interactions humaines… ça sent le bingo bullshit à plein nez !

Le courant de l’HIM (Humain Interaction Management) est né fraîchement, dans les années 2005. Vous vouliez du moderne, alors vous êtes servis ! Il s’agit d’un ensemble d’assertions, qui considère que le service rendu à un tiers ne se réduit pas à sa simple réalisation et/ou exécution, mais s’étends plus largement au travers d’un réseau d’interactions humaines. Fortement associé aux approches BPM (Business Process Modelling) pour ceux qui ont déjà mis un pied dans le monde de la SOA, l’HIM cherche à rendre ce réseau efficace, et à améliorer les articulations humaines dans ces processus. L’HIM s’articule autour de 5 principes fondateurs :

  1. Rendre visibles toutes les connections : pour travailler en équipe, vous devez savoir qui sont vos partenaires, leurs capacités, leurs responsabilités .
    « You need Role and User objects, both instances and types, each with its own properties and responsibilities. »
  2. Structurer les échanges d’informations : pour permettre l’interactivité complète, la communication doit être standardisé et « goal-directed » (j’arrive pas à traduire… franc ? direct ? sans fioriture ?)
    « You need Interaction objects in which there are multiple asynchronous channels, each for a different purpose. »
  3. Matérialiser l’intellect : les organisations doivent gérer le temps et les efforts intellectuels que les équipes investissent dans la recherche, la comparaison, la décision, et tout ce qui transforme une connaissance en idée.
    « You need Entity objects that can be created, versioned and shared in a structured way. »
  4. Préférer une gestion des activités a posteriori : les collaborateurs n’enchaînent pas leurs actions comme des automates, mais il y a une cohérence au travail humain, qui peut être analysée et améliorée.
    « You need State objects that can both enable and validate Activity objects, along with the Roles that contain them. »
  5. Formaliser les processus qui s’autogèrent (« processes changes processes« ) : les activités humaines sont structurées par de processus propres, que ce soit création, résolution, décision ou action pure. Quelquefois même on se pose la question du comment avant du quoi !
    You must be able to manipulate not only objects but also user interfaces and integration mechanisms via the process that contains them.

Bon, ça c’est pour la théorie. Je crois que j’en ai perdu déjà pas mal en cours en route. Accrochez vous, relisez autant de fois que nécessaire ! Ce sont juste les 5 principes qui caractérisent « le travail en équipe »… ce concept très vague a enfin une définition intéressante.

En plus de ces principes assez « trendy », l’HIM nous offre une méthodologie pour mettre cela en pratique : GOOD, Goal-Oriented Organisation Design, qui combine différentes approches.

En d’autre termes,  ces trois approches peuvent être vues comme des manières différentes d’aborder une même problèmatique. La première, adoptée par une direction, sera très théorique, idéaliste et volontaire. La troisième, plus opérationnelle, sera plus concrète, pragmatique et sceptique. C’est la divergence de ces deux approches qui mène parfois à des incompréhensions mutuelles. La base estimant que la direction sous estime les problèmes, dans leur tour d’ivoire. La direction estimant que la base voit toujorus le coté négatif, frein au changement.

Au milieu, un niveau de controle, assurant la prise en compte de la stratégie, la façon de la mettre en oeuvre et son suivi.

Aujourd’hui, dans ma société, c’est cette séparation des responsabilités du middle management qui fait cruellement défaut. Il y a toujours un pan des contrôles qui tombe en friche au profit des deux autres. Par exemple, c’est le cas quand les objectifs ne sont pas clairement définis, que le flou règne dans les responsabilités de chacun (no Strategic). De même, c’est le cas quand les processus projets ne sont pas explicités, que personne n’a de vue d’ensemble sur les projets qui peut permettre la capitalisation et l’accélération des intercations humaines (no Executive). Enfin, c’est le cas si la direction n’est plus disponible, faute de temps, pour aller sur le terrain et néglige les problématiques opérationnelles (no Management).

Pour mieux cerner la méthodologie GOOD, voici quelques grandes lignes :

  1. En amont, dessinez une architecture de processus, pour identifier la cible métier à atteindre. C’est une pré condition incontournable, sinon vous construisez un édifice sur du sable. Connaître ses objectifs est la seule vraie fondation stable pour pouvoir démarrer une activité, le profit en est simplement un catalyseur – définir des objectifs n’implique pas forcément objectiver sur les résultats.
  2. Evaluez les processus de votre architecture pour identifier ceux qui sont stratégiques , tactiques ou opérationnels.
  3. Sur cette base, redéfinir votre architecture pour représenter votre organisation en objectifs long-, moyen- et court-termes.
  4. Utiliser les concept des 3 niveaux de contrôle (Strategic, Executive, Management) pour assigner les responsabilités et gagner l’engagement des bonnes personnes.
  5. Evaluez les interactions entre les processus dans cette nouvelle architecture pour décider lesquels peuvent être délégués, voire externalisés.
  6. Pour les processus internes, appliquez les 5 principes fondateurs de l’HIM, pour bénéficier du meilleur de chaque acteur, à tous les niveaux de votre organisation – non pas pour réduire le nombre d’intervenants, mais pour mieux utiliser les compétences de chacun.
  7. Utilisez des pratiques BPM, des techniques de workflow (qui ne nécessitent pas forcément d’utilsier des softwares) pour augmenter la performance des tâches automatisées – mais gardez conscience que l’outil ne résoudra pas la complexité (« no magic bullet » !)
  8. Alors, et seulement à ce moment là, analysez les processus que vous avez définis, à la fois humains ou automatisés, et demandez vous lesquels sont des services à valeur ajoutée ? Alors, ces services doivent être développés au sein de votre organisation – et ce ne sont pas toujours ceux que les directions techniques souhaitaient mettre en place…
  9. Pour assister la mise en oeuvre des processus, mettez en place des outils de gouvernance pour les piloter, majoritairement par du reporting sur les activités.
  10. Enfin, assurez vous que vos processus sont continuement améliorés, que ses métriques et ses indicateurs de performance ne sont pas juste garants du simple fonctionnement mais de son efficacité.

Tout cela est bien joli… mais sommes nous vraiment concernés ? Ces approches dans la mouvance BPM et SOA… est ce que vraiment ça nous concerne ? Quelques exemple de secteurs identifiés :

Si l’on regarde le scope large revendiqué, en effet, les sociétés de services en informatique sont en plein dans le mile. Car les savoirs et compétences des équipes, et l’imagination des hommes, sont au coeur des processus de réalisation.

Seulement voilà. C’est un travail de longue haleine, et dont la nécessité organisationnelle ne s’est pas encore imposée à tous. Mais globalement, les choses sont déjà là, sous jacentes : nous en parlons déjà lorsque nous évoquons le besoin de structurer nos projets au forfait, de rationnaliser nos processus, de devenir efficaces, puis productifs… puis rentables. Dernièrement, il a été désigné un « référant méthodologique ». Je trouverai que ça serait un signe fort et motivant qu’on donne à ce « référant » une définition conforme à cet HIM. C’est une piste à peine masquée que je lui lance.

Pour en savoir plus :

http://www.human-interaction-management.info/

http://humanedj.com/him.html

Trop de qualité 19 août, 2008

Posté par dailymanager dans : budget,efficacite,objectif , ajouter un commentaire

C’est une critique que j’ai entendu plusieurs fois venant de la direction. Nous ferions « trop de qualité ». Mais peut on reprocher de faire trop de qualité.. au dépend de quoi d’autre ? Tentative de décryptage d’une incompréhension réciproque…

Le B.A.BA de la gestion de projet nous a appris qu’il existe 4 objectifs principaux : le respect du délai, la couverture du périmètre, le contrôle du budget, et le niveau de qualité. Si vous augmentez l’un de ces paramètres, mécaniquement, les 3 autres se dégradent. Souvent, ce principe est illustré par un carré, et le but du chef de projet est de maintenir le curseur du projet au centre de ce carré pour une satisfaction totale de tous les acteurs.

Trop de qualité dans budget projetpqdc

Il y a des représentations alternatives. Un projet au forfait présente la caractéristique d’être un engagement de résultat, et le curseur périmètre étant fixe, il disparait : on représente le triangle des objectif délais-coûts-qualité.

projetqdc dans efficacite

Selon certains points de vue, les délais étant contraints par des pénalités de retards, économiquement, on préfère alors n’avoir qu’un seul segment de marge de manoeuvre qualité/coût.

projetqc dans objectif

Autre cas de figure, sur un projet en mode agile, la qualité n’est pas négociable et c’est elle qui disparait du carré, on préfère alors jouer sur l’axe du périmètre, en rajoutant des itérations pour affiner le produit. Chaque itération est une rallonge sur le budget et sur le délai de livraison finale du produit. Sur un projet agile on évite au maximum le changement de l’équipe. Avec un coût quasi fixe par itération, les coûts deviennent proportionnels aux délais.

projetpdc

Parmi tous ces modèles vous devinez lequel s’applique aux projets au forfait. Il s’agit du plus simple, le segment Qualité/Coûts. On pourrait croire qu’il reste une marge de manoeuvre laissée au chef de projet, celle de se positionner sur ce segment.  Il peut par exemple, faire du quick&durty, efficacité économique absolue. Ou alors faire de la qualité, avec l’engagement de réversibilité.

Ce choix n’est finallement pas de son ressort, mais du contexte commercial. En particulier dans le cadre du groupe dans lequel je travaille, l’activité n’a pas assez de volume en entrée, et les directions commerciales préfèrent donner une bonne image au client, pour pouvoir construire de belles références, et pourquoi pas, récidiver chez le même client. Dès lors, le curseur est explicitement mis vers la qualité dès la réunion de lancement du projet. On parle d’engagement de réversibilité, de niveau de documentation, de qualité du code…

Mais lorsque j’entends qu’on fait « trop de qualité » sur les projets au forfait, c’est un autre discours que j’écoute, celui qu’on n’est pas assez bon en gestion des coûts. Ce discours apparait toujours au moment du bilan économique. Et les dépassements sont majoritairement imputés à la faible productivité ; c’est bien entendu le cas, notamment pour tout projet qui démarre avec une équipe exclusivement de jeunes diplomés.

« Trop de qualité »… Nous passerions donc notre temps à demander et/ou faire des choses à moyen terme, de beaux modèles logiciels qui peuvent tout faire, au lieu de nous prioriser sur le strict besoin immédiatement exprimé. Les opportunités de capitalisation permettront à moyen terme de gagner du temps et de l’argent, mais la réutilisabilité est sans doute une utopie, une perte de temps. Nous devrions nous prioriser sur les réponses immédiates et, pourquoi pas, privilégier le quick&durty. Le php revient parfois sur la table.

En ce qui me concerne, un objectif de rentabilité demandé au plateau est une bonne chose. Car il faut responsabiliser les chefs de projet sur le choix de placer le curseur sur ce segment qualité/coûts. Mais, a contrario, il faut alors que tout le monde assume les conséquences d’une stratégie quick&durty. Or vu le faible niveau d’activité des projets au forfait, il est peut être plus stratégique de se construire de belles références et conserver une image de sérieux et… de qualité.

J’ai parlé d’objectif de rentabilité générale, je n’ai pas parlé d’objectiver les chefs de projet à la rentabilité de leurs projet, qui, par contre, induit beaucoup plus d’effets pervers. En effet, le reflexe de chaque objectivé, serait de ne se préoccuper que de son projet, comme une bulle, et de ne pas investir sur la qualité pour les autres. Mais les projets sont inégaux en difficultés et en criticité, et nous risquerions de soulever des débat stériles sur les injustices d’affectations. Et nous pourrions envisager des conflits nouveaux autour d’une refacturation de composants réutilisables entre projets. Bref, une compétition concurentielle au lieu d’une compétitivité collective. Une idée intéressante serait d’objectiver les chefs de projet sur la rentabilité générale des projets au forfait, répartis ensuite au proratta du temps passé. Cela les inciterait alors à communiquer, à s’informer, et à s’entraider. Ces objectifs collectifs seraient plus efficaces que des objectifs individuels. Selon les opportunités, les chefs de projets pourraient suggérer d’accentuer la qualité sur un projet, ou de faire moins cher sur un autre, dans une stratégie globale et non cloisonnée.

Il existe deux visions de la direction de projet qui semblent s’opposer : une équipe de chefs de projets qui monte en responsabilités, ou un directeur nominatif, qui fait appliquer ses décisions par les chefs de projets. J’ai déjà présentée, dans un précédent article, la définition de ce que j’appelle management2.0 . Les subordonnés sont force de propositions et d’initiatives, et le manager coordonne et assume les choix collectifs. C’est ce manager qui consolide l’ensemble qui est garant de la rentabilité générale, les chefs de projet se redistribuant les curseurs qualité/coûts. Le directeur de projet n’est pas un super-chef-de-projet, il a un autre rôle bien identifié. Finallement, c’est ni plus ni moins que la fusion des deux approches qui tendaient à s’opposer.
« Trop de qualité », cela n’a finallement de sens que si on définit à partir de quand on dépasse le raisonnable.  Si la rentabilité générale définit une taille de gâteau, les projets opportunistes – avenants, réutilisation, … - auraient une petite part, les projets investissants- stratégiques, innovants… – auraient une plus grosse part. Les projets sont tous différents, la définition du seuil « trop de qualité » ne peut se faire qu’au cas par cas.

Management 2.0 14 août, 2008

Posté par dailymanager dans : amelioration,demarche,encadrement,innovation , ajouter un commentaire

En premier lieu on pourrait croire que le terme « management2.0″ provient d’une grille de bingo bullshit pliée en deux, qu’on a lue par transparence, une technique d’association de mots qui n’ont a priori rien à voir. Dans la même lignée, on aurait « offshore transverse » ou « accompagnement au quick win ».

Nous vivons une révolution culturelle qui sévit bien plus profondément que dans le simple domaine du web et des applications blogs. Amatrices, spontannées, ephémères, ces pratiques passent pour un effet de mode aux yeux des marketeux et des journalistes, qui se sont supstitués aux sociologues et aux intellectuels. C’est d’ailleurs un point de divergence important, les uns considérant cette mode comme une aubeine. Les autres, ce changement comme une évolution comportementale et sociale. Au sein du groupe auquel je travaille, il existe d’ailleurs une entité marketing, qui est assez ambivalente. Certains se sont très tôt intéressés au sujet, et ont senti vraiment la pérennité des évolutions, sur l’axe de l’innovation de service et de technologies. D’autres, opportunistes sur le tard, restent sur l’axe du fun et du communautaire. Aujourd’hui, j’ai appris la création d’une web agency au sein du groupe, incubée par la branche marketing. Je n’en ai pas entendu grand chose, à vrai dire, rien n’a été dit, mais à mon sens, c’est déjà trop tard et trop cloisonné pour être pérenne. Cloisonné parce que cela s’est fait dans leur coin, sans consultation aucune des experts techniques et fonctionnels que l’on dispose aussi sur le plateau de développement, et faciles à contacter via la communauté de pratique dédiée aux IHMs.

Un petit lien vers une chronique du journaldunet.com, pour étailler mes propos qui pourraient paraître péremptoires http://www.journaldunet.com/expert/28647/la-longue-traine-des-talents-individuels-2-0-un-gisement-mal-exploite.shtml

Pour ne pas paraphraser, je préfère copier coller et laisser le droit d’auteur :

« Les usages dits Web 2.0 (auto-production, collaboration, participation…) avec leur couche sociale apportée notamment par les réseaux sociaux, sont souvent initiés par des individus isolés (étudiants, geeks, bidouilleurs….) ou agrégés en communautés plus ou moins formelles sans visibilité affirmée telle une armée de l’ombre. La nuée montante et socialisante du Web où se retrouvent par exemple les jeunes « digital natives », nous rappelle combien le bouillonnement des conversations (au sens du Clue train manifesto) émises par les internautes, correspond à une quête participative de lien (plus que de bien au sens marchand du terme).

C’est donc de plus en plus de cet espèce de chaos primordial que sont nés ou naissent isolément ou collaborativement nombre d’idées, d’applications, d’usages qui s’enrichissent, se croisent, sont détournés, ré-agencés et ré-injectés dans la soupe Webosphèrique. »

- Denis FAILLY, Consultant, TRANSVERSIGHT -

Voilà pour le volet marketing, orienté consommation, offres et services. Et comme nous sommes tous des consommateurs, cette identité qui fabrique une bonne base de nos valeurs et nos règles, il n’est pas étonnant que cela fasse tâche d’huile dans d’autres domaines.

Très concrètement, on a vu naître une politique2.0, Ségolène Royale portant peut être inconsciemment dans ses projets les prémices d’une démocratie2.0… peut être l’attente des electeurs, généralisant l’attente des consommateurs. On la taxe alors d’opportuniste et de poujadisme,  mais il y a bien une inversion majeure : plutôt que de proposer un projet à la décision des citoyens, elle propose au citoyen de lui soumettre son projet. Le flux classique de la politique soumise au vote est véritablement inversé. L’un des principes du 2.0 est de conserver l’ensemble des contributions dans un nuage auto structuré ; ici, la démocratie2.0 se doit de consolider et arbitrer parmi toutes les idées marginales et doit se soucier de l’interêt collectif… toutefois, les minorités y trouve un terrain d’expression valorisant. Le risque de ce projet est d’offrir un vrai terrrain de pouvoir aux lobbys et de destituer encore plus durablement l’action politique au sens premier du terme.

Petit bémol, je ne vais pas me lancer dans le débat de l’oeuf et de la poule, du social2.0 et du web2.0.  Je ne sait pas qui a inspiré l’autre, et s’il ne s’agit pas d’une tendance comportementale et sociale, sourde, transverse. S’il s’agirait d’un effet culturel profond, qui justifie alors l’utilisation de la terminologie en suffixe « 2.0″, juxtaposable à tous les mots pour leur donner un sens collectif, spontané, et auto motivant, en un mot, participatif. Pourquoi pas la cuisine2.0, où des cuisiniers amateurs inventent et vendent leurs recettes, la sécurité2.0, où des vigiles amateurs surveillent des biens et personnes, la taxidermie2.0, où des empailleurs amateurs décident de s’occuper des pigeons des grandes villes.

Parcourez ce site http://www.generationp.eu/, il passe en revue pas mal de ces néologismes, jusqu’au Marketing2.0… quand la terminologie marketing se mord la queue. Un site, qui d’ailleurs, consolide plutôt la vision généralisée de ce changement.

Ce contexte étant placé, je peux peut être vous expliquer ce que j’entends par « management2.0″.

Hier je vous ai présenté la vieille école, comme centralisation des pouvoirs sur un manager, avec une délocalisation limitée à la considération et l’écoute des équipes, voire une délégation contrôlée vers un alter ego hiérachiquement intermédiaire. En ajoutant le suffixe 2.0, j’entends inverser le flux de prise de décision. Au lieu de faire admettre des décisions à des subordonnés, la décision s’impose au manager par les actions de ses subordonnés.

Partant du principe que les opérationnels sont sur le terrain, et que la connaisance des faits et des domaines est de leur niveau d’expertise, le management2.0 s’intéresse à ouvrir les flux montants d’informations, exige un reporting fréquent, organise des consultations, partage et confronte les points de vue. Mais n’en reste pas là : il encourage les initiatives, accepte les contributions et permet à chacun de consulter l’ensemble pour l’enrichir. De même que les contributeurs web peuvent aller consulter les informations de tous les autres - les outils sont là pour les trouver-, les équipes projets peuvent aller consulter les autres équipes, et pourquoi pas, enrichir le sujet d’autres initiatives. Un principe fondamental qui permet d’associer 2.0 et innovation.

Dès lors, le manager2.0 n’est plus le centralisateur des informations. Son rôle est d’assurer leur bonne circulation, au travers l’utilisation d’outils, de standardisatoin de méthodes. La capitalisation descend au niveau des équipes, qui le feoornt selon leur besoin réel : finis les gros projets de frameworks internes, on a déjà adopté la pratique de composants techniques réutilisables, facilité par les outillages modernes de gestion de dépendance intégrés aux plateformes industrialisées. Mais comme toujours, l’outil ne suffit pas. Le manager2.0 doit assurer que les pratiques sont conformes à cette vision collaborative et apprenante. L’amélioration continue, illustrée par CMMI, serait une représentation concrète d’un management 2.0.

Mais ce style se heurte à deux tabous fondammentaux, vestiges tenaces de l’ancienne école. Le premier, c’est de confondre le management et le leadership : on attend d’un manager qu’il mène son équipe… et à ce titre, c’est à lui de mener les actions. Le second, c’et de confondre la responsabilité et la décision : on attend d’un manager qu’il assume les décisions… et à ce titre, il estime être le seul à pouvoir analyser et décider. Si dissocie ces concepts, on peut très bien les faire porter par des acteurs différents.

Dissocier le management et le leader ship : le manager peut déporter le leadership à un autre membre de l’équipe. Auparavant, sur les projets sur lesquels j’étais, l’encadrement des développeurs était du ressort de l’architecte. Dans le contexte offshore, j’avais veillé d’ailleurs à me pas interférer et à rester à distance, m’adressant uniquement a mon alter ego local.

Dissocier la responsabilité et le décision : le manager peut conserver la responsabilité sur des décisions collective. Dans les projets de type Scrum, l’équipe est voulue auto gérée, mais il y a un responsable produit. En reformulant, on attendra d’une équipe q’elle soit force de proposition, et que le manager décide d’acter ou de refuser. A ce titre, l’absence de retour sur une proposition est toujours mal vécu, car elle donne le sentiment implicite d’avoir été non pertinent et ignoré.

A contrario, en valorisant le rôle des équipes, le manager se dépossède d’une partie de ses prérogatives. Et tout travail méritant salaire, si on valorise les équipes, cela peut faire peur car cela peut encourager les réclamations inflationnistes sur les salaires et les primes. Les premiers retour que l’on a de ces nouveaux styles de management montre déjà que la simple considération individuelle contribue à l’amélioration du quotidien opérationnel, et que cette considération suffit au bien être du subordonné. Certains vont jusqu’à dire, au regard de l’expérience appliquée chez Google, qu’ils peuvent même réduire leur turnover et entretenir des salaires plus bas que le marché, par la simple valorisation des collaborateurs au travers de leur considération quotidienne. En quelque sorte, psychoogiquement, on serait prêts à travailler pour moins cher, si les méthodes de travail nous valorisent différemment.

Une relation gagnant/gagnant entre le manager et son équipe. Pour reciter l’article du journaldunet :

« Commentaires, critiques, suggestions, comparaisons, témoignages, remontées diverses sur les offres qui leur sont proposées sont moins des menaces que des opportunités pour non pas répondre de façon mécanique à leurs attentes (parfois diffuses, non structurées, ou utopiques), mais pour enrichir la réflexion créative et innovante en amont et optimiser tout les processus qui assurent la bonne et juste délivrance de l’offre. »

- Denis FAILLY, Consultant, TRANSVERSIGHT -

Cela rejoint un autre article que j’avais lu, sur la génération Dolto, qui présente les attentes des nouveaux collaborateurs et jeunes cadres comme centrées sur la qualité du travail bien au dessus de la rétribution par l’argent. Intéressant pour le volet turnover, la boîte noire des SSII. Je pense que j’en parlerai une autre fois plus en détail, mais je vous invite à lire l’article en question : http://www.newzy.fr/management/cadres-lemergence-de-la-generation-dolto-3.html

Et là encore, je retrouve une analogie 2.0 : s’adapter au besoin du consommateur. Et dans notre cas, dans un contexte de marché du travail tendu où le collaborateur peut être exigeant, il adopte un comportement de consommateur. Et le service qu’il consomme, c’est le management.

Au final, paradoxalement, pour les managers qui reconnaissent de ne pas avoir assez de temps pour tout faire, l’opportunité est capitale. L’ancienne école indique que la délégation est une solution, mais cela ne suffit pas toujours. La nouvelle écocle va encore plus loin, et confie des pans entiers d’actions et d’initiatives à une polutation de cadres qui n’attendent que ça ! Et qui auront à coeur de se consacrer à bien le faire et à s’améliorer.

Par contre… c’est un fonctionnement par palier : si vous ne savez déjà pas déléguer…. inutile d’aller plus loin, au risque de se forcer et de perdre complétement le contrôle des opérations.

Le syndrôme de Cassandre 11 août, 2008

Posté par dailymanager dans : changement,contexte,legitimite,risques , 4 commentaires

Cassandre est une figure mythologique qui a pas eu la vie facile. Tout commence, comme toujours, par du fricotage avec un dieu, et puis elle choisit pas le plus moche, c’est Apollon lui même qui lui fait un enfant. C’est pas un ingrat, il lui fait un cadeau sympa, il lui donne le don de prophétie. Et puis, comme dans les vieux couples, ça finit par se détériorer, et Cassandre décide de faire chambre à part. Apollon, fier et furieux, complète alors le don par une malédiction, celle de ne jamais être crue.

Ah je ne vous ai pas dit un truc important : Cassandre est la fille de Priam, le roi de Troie. Alors quand Paris décide d’aller enlever sa promise, la belle Hélène, Cassandre pressent bien que ça va mal finir avec les grecs et que c’est peut être pas la meilleure idée… mais personne l’écoute. Elle passe pour gentillement folle. Quand les grecs arrivent pour assièger la ville, Cassandre les prévient longtemps à l’avance… mais tout le monde l’ignore. Elle passe pour folle furieuse. Pour finir, le cheval de Troie, elle voit bien que c’est pas une bonne idée de le faire rentrer dans la ville… mais Cassandre, vas tu te taire à la fin ?

Lors de la mise à sac de la ville, Cassandre est violée par Ajax, mais à la limite c’est anecdotique parce qu’elle finit concubine-trophée de Agamemnon, qui lui fait deux enfants. Mais je garde le plus beau pour la fin, elle finit assassinée par quelques survivants troyens, qui lui reprochent d’avoir, par ses prophéties, attiré le mal sur la ville de Troie juste pour avoir raison, si ça c’est pas vil.

Voilà, la petite histoire en préambule est finie, j’espère que ça vous a plu. Je suis désolé qu’elle finisse mal, mais que voulez vous, les happy ends, dans la mythologie grecque, ça arrive quand même très rarement.

Les prophètes ont toujours tort d’avoir raison

- Boris Vian -  

La conduite de changement a son pire ennemi : le frein au changement. Et souvent, une des mauvaises pratiques est d’appliquer le syndrôme de Cassandre. Et oui, c’était pas juste pour vous raconter une histoire, je voulais en arriver là !

Dans les équipes confrontées au changement, il y en toujours un porte parole mécontent. Un membre qui craint pour ses conditions de travail, qui voit bien que tout ne sera pas comme avant, et qui anticipe déjà les aspects négatifs de la nouvelle direction et stratégie. Souvent, d’ailleurs, ce réfractaire est tout seul, non pas que ses craintes ne soient pas partagées, mais l’effet témoin fait qu’il sera le seul à le montrer. Les autres membres adoptent alors une attitude d’observation, pour voir comment seront traités ce réfractaire et ses revendications. Si ça ne passe pas, ils ne seront pas mouillés. Et si ça passe, tout le monde en bénéficiera. Stratégie gagnante à tous les coups, que l’on appelle effet témoin, j’aurai l’occasion d’en reparler.

Le syndrôme de Cassandre s’applique quand le manager traite ce réfractaire comme un cas particulier. Il nie l’intérêt d’écouter ce qu’il a dire, sous pretexte qu’il voit le mal partout, que sa vision est pessimiste. Dès lors, ses prédictions ne sont pas valides, il ne faut pas l’écouter. Vous savez, quand on entends les réponses du style « non mais lui de toute façon… » Le changement continue d’aller de l’avant, en ignorant le porteur de craintes… Plus tard, lorsque le changement échoue, le manager accusera le refractaire d’avoir été le principal frein, et d’avoir contaminé les autres avec ses idées noires… bref, d’avoir causé l’échec pour avoir raison. Le mythe de Cassandre est bouclé.

Je me suis senti Cassandre au cours de ces six premiers mois de l’année. Au lieu de répondre à mes questions, je me suis senti isolé du groupe, envoyé en mission au loin. J’ai entendu les propos « tu vois tout en noir », « tu négatives tout », et même des recommandations de me taire, pour ne pas propager cette vision aux autres. D’une part, c’est me donner un pouvoir de nuisance très au delà du réel, mais surtout, c’est ignorer superbement l’intelligence des autres, et se voiler la face quant aux problèmes soulevés.

Seulement voilà… avec ce fichu effet témoin, je me suis retrouvé sans soutien. Mon cas est devenu un cas particulier isolé, à traiter en tant que tel. Aujourd’hui, je sais quels seront les problèmes rencontrés par la société enfin d’année, problèmes qui seront les mêmes que ceux rencontrés il y a deux ans, avec en plus un risque de perte de contrôle de la structure offshore, le tout lié à l’impossibilité récurente d’apporter du volume d’activité via une avant vente déresponsabilisée. Mais voyez vous, cette vision des choses, n’importe quel manager doté de sens commun la rejetera, car en plus de remettre en cause sa stratégie, elle ne propose aucune solution d’amélioration. Cassandre est toujours illégitime.

En fait, le gros problème de Cassandre c’est qu’elle s’exprime de manière hystérique. Personne ne l’écoute, et le ton monte progressivement, jusqu’à ce que la forme masque le fond. Le manager a alors fort de souligner cette forme impolie et catastrophique pour dénigrer le message lui même. C’est ce qu’il se passe lorsque l’on réponds « il faut critiquer positivement ». Ah la belle affaire, critiquer positivement, proposer des choses pour améliorer. Lorsqu’on utilise cet ultime argument, c’est déjà trop tard. Ce n’est pas au collaborateur de proposer des choses, à quoi servirait le manager alors ? Le subordonné est en droit de faire part de son mécontentement et de ses doutes. C’est au manager de répondre à ces questions. L’inversion de subordination est malheureusement trop courant. D’ailleurs, j’ai pu faire l’expérience qu’un même message, même associé à des propositions positives, n’est pas allé plus loin. Car ce manager qui dénigre la « mauvaise critique », n’accepte pas non plus les propositions qui ne viendront pas de lui. C’est tout le paradoxe de l’ego managérial. J’ai fait des propositions concrètes, jusqu’à poser une candidature détaillée et motivée pour exprimer ma vision des choses sur les activités de direction de projet et de direction d’avant vente. Mais on continue de taxes mes critiques de « négatives ».

Si seulement Cassandre pouvait être écoutée dès le début. Si seulement elle ne montait pas si vite sur ses grands chevaux. C’est qu’un message, pour être entendu, doit être porté avec calme et diplomatie. Il ne suffit donc pas dire « j’ai peur », ou « tout va mal », ou « on me traite comme de la merde », ou « on aurait pu (dû?) me demander mon avis », et toutes les variantes que je ne vais pas faire ici des expressions de frein au changement.

Aujourd’hui, après avoir endossé le rôle de Cassandre, j’ai souhaité me mettre en retrait, fuir avant la chute de la ville pour ne pas finir comme elle. Puisque mes questions n’ont pas de réponse, puisque l’on ne croit pas à ma capacité à analyser et agir pour améliorer les choses, je vais donc assister de loin au lent déroulé des opérations. Déjà mes craintes se matérialisent, je vois que certains sujets urgents ne sont toujours pas traités, voire pris à l’envers… mais il veut mieux se sentir impuissant parce qu’on est loin que se sentir impuissant parce qu’on n’est pas écouté.

Reporting 8 août, 2008

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 Reporting dans communication manager01

manager02b dans efficacite

manager03 dans encadrement 

 

Manger un manager 7 août, 2008

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Je fais souvent la faute de frappe « manger » au lieu de « manager »… voilà pourquoi ! 

Manger un manager dans efficacite manager2

Le goût de l’aventure

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Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles, ne prendra jamais la mer.

- Thomas Fuller - 

L’aventure, ah l’aventure ! Sportive ou industrielle, on en revient toujours là. Qu’est ce qui nous motive à relever des défis ? Pourquoi un métier n’a pas qu’une dimension alimentaire ? Comment entretenir la motivation, avec la volonté de réussir comme une auto- motivation puissante ? C’est cet axe de comparaison entre mon métier et le sponsoring que j’ai pu comprendre quelques aspects de mon quotidien opérationnel projet.

Les chocs culturels des analyses post opérations sans médiation… ce sentiment de fragilité et d’isolement en l’absence de relai au sol… l’absence de réponse radio, qui pousse peut être à déclencher quelques fusées de détresse, visibles de tout le continent.

Il s’agit de rester réaliste et garder toute mesure dans la comparaison. Si je parle grossièrement de « petite coque de bois », c’est pour garder en tête la fragilité de l’aventure. Nous ne risquons pas notre vie physique sur nos projets. Heureusement d’ailleurs, car trois quart des projets informatiques n’arrivent pas à bon port… Néanmoins, à travers le prisme de ces régates, de ce sponsoring, j’ai pu trouver quelques points de fierté à participer à des projets risqués, innovant, et aventureux.

Je sais maintenant aussi que je fonctionne selon ce même principe : sans défi à relever, sans objectif clair et cap fixé, il est plus difficile de s’impliquer à fond dans un projet. J’ai compris également que mon attachement aux projets que je démarre n’est pas un simple caprice de paternité, mais une frustration d’évaluation de la performance et de possibilité d’amélioration. J’ai également développé un niveau d’exigence plus fort vis à vis de la direction de projet, dans son rôle de médiation, pour ne pas que les interprétations se contredisent.

Et finalement, j’ai surtout amélioré l’exercice de gestion des crises, en  relativisant, car traverser une tempête est plus facile sur une chaise, quand on pense à ces 2 hommes dans leur « petite coque de noix ».

D’un point de vue très personnel, cette démarche de sponsor m’a donnée de nombreux éléments de réflexions sur mon environnement quotidien et le contexte de communication interne du groupe, et plus généralement sur les conditions d’exercice de mon métier. La prise de risques, l’investissement, la responsabilité… et plus généralement, la relation humaine qui se construit au travers d’une compréhension et d’une confiance entre d’un coté les opérationnels, dans les « petites coques de noix » et de l’autre les responsables hiérarchique, investisseurs sponsors.

C’est aussi la raison pour laquelle, je considère que l’attitude zéro-risque n’est pas intéressante. Gonfler les tarifs de l’avant vente, réduire les risques en majorant les incertitudes, augmenter les marges en majorant le certitudes… une attitude de l’avant vente qui nous fera au final perdre les projets car nous serons trop chers. On n’a en effet jamais vu le principe du « mécénat projet ». Même si parfois, il s’agit d’une démarche qu’on associe rapidement à la « qualité », car non évaluable économiquement, non chiffrable, et non associable à un objectif managérial chiffré, en ce moment omniprésent dans les discours.

 

Je tenais à remercier pour toute l’énergie et la passion qui ont été mises dans ce sponsoring. En m’y projetant, initialement malgré moi, vous avez réussi à revaloriser mon quotidien professionnel.  Finalement, on revient toujours aux fondements d’une entreprise humaine : au-delà du matériel, des symboles, il reste les hommes et les défis qu’ils se donnent.

Je reste très impressionné par l’énergie déployée pour mener à bien ce projet, porté à bout de bras et de passion… quel que soit le résultat ? Au-delà de la performance, des résultats, la simple démarche passion et l’aventure réalisée forcent le respect.

C’est là que je crois que l’analogie aventure-projet atteint rapidement ses limites. Car plus que tout, dans le monde de l’entreprise, on se pose au préalable la question de l’utilité et de la finalité d’un investissement. Et au final, même si l’équipe s’est battue comme des diables, on jugera au résultat.

L’AAR et la manière 6 août, 2008

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Pour rester dans le thème du sponsor, j’ai été surpris de la rapidité et facilité des critiques faites sur les choix de navigation des participants d’une régate. Connaissant le contexte humain des 2 hommes dans leur « petite coque de noix », je me garderai bien de juger sur des choix météo, je connais les limites de mon jugement et j’invoque de préférence la malchance. La critique est facile, l’art est difficile… spontanément oui. Mais dans le temps, avec l’expérience, on construit une réflexion qui permet de comprendre et d’apprendre.

Ce que l’on appelle AAR, pour After Action Review, c’est ce principe simple : on a relevé un défi, on nous a responsabilisés, il y a eu un investissement en moyens, nous avons des comptes à rendre. L’analyse post opération est donc normale, et attendue. Mais les jugements partiels sont plus difficiles à comprendre, et il est difficile de s’y reconnaître. Et ceci aussi bien en points négatifs qu’en points positifs. Comment se justifier de ses choix à quelqu’un qui ne maitrise pas les concepts élémentaires de la voile ? L’analyse post opération depuis le sol peut elle saisir la complexité de la situation dans la « petite coque de noix » ?

Je n’entends pas par là que toutes les critiques ne sont pas bonnes à prendre, j’ai précisé points négatifs ou positifs. Pour être constructifs et dans une démarche d’amélioration continue, il faut échanger sincèrement sur tous les facteurs de la prise de décision avec des gens qui peuvent prendre en  compte et commenter tous les paramètres. Je suis d’ailleurs personnellement plus choqué par des discours de félicitations dythirambiques au sujet de décisions et d’actions qu’on sait imparfaites, voire en erreur flagrante.

Comment éviter les écarts d’analyse  entre la direction technique et les équipes sur les projets ? Que faire si les AAR se font chacun de leurs cotés, sans partage de point de vue ni confrontation ?

Au cours de la réalisation, les chefs de projet font un reporting opérationnel quotidien et/ou hebdomadaire à leur directeur de projet. Il s’agit d’une remontée directe de chiffres de toute sorte, sur l’avancement de réalisation, les actions prises en regard des risques, les niveaux de mesure de la qualité, les plannings et feuilles de route mis à jour, ou même des situations relationnelles humaines. Cette consolidation des indicateurs est prise en charge par une direction de projet, qui est capable à son tour, d’assurer un reporting d’un autre niveau à la direction commerciale et générale. S’il manque ce flux continu au cours des projets, l’AAR sera inutile. Si elle existe, ce qui n’est même pas systématique, la discussion risque de tourner court, faute de partir des mêmes chiffres, l’analyse post opérations sera stérile.

Car les responsables hiérarchiques prétendent eux mêmes collecter leurs propres indicateurs, notamment directement avec des outils comptables, ils se limitent dans toute l’interprétation future, flirtant avec la réinterprétation des évènements. Vue d’autant plus discutable que les équipes connaissent l’aspect lacunaires des informations qui sont saisies dans ces outils. Vous savez ces CRAs que, de toute façon, on bidouille pour les faire passer

Il s’agirait d’une analyse post opérations basée uniquement sur un chrono et/ou le calcul de la distance parcourue sur une carte déformée, mais sans les indicateurs météo et/ou sans prendre en compte les courants. Le maillon de consolidation et d’interprétation, a priori du ressort de la direction de projets, c’est un peu l’équipe au sol au cours d’une régate, ce relai avec les sponsors et les médias, reformulant et synthétisant des informations parfois trop opérationnelles.

Au final, même après avoir franchi la ligne d’arrivée de la course, suivant la performance réalisée, il est toujours nécessaire de reprendre et comprendre tous les points d’amélioration possible. Pour apprendre de ses erreurs pour la course suivante. C’est l’heure des bilans et des clôtures projet : les choix initiaux étaient ils bons ? Quels ont été les incidents de parcours, peut être même y’a t’il eu de la casse ?

Il est logique de faire une revue du matériel, de le consolider pour la prochaine course. Je ne connais pas la durée de vie d’un bateau du type de celui sponsorisé, mais je doute qu’il ait été conçu à l’origine pour ne faire qu’une seule traversée. Dans un environnement économique où les profils sont interchangeables, où les choix techniques possibles évoluent très vite, il est très difficile d’investir sur une infrastructure projet capable d’assurer plusieurs traversées.

A contrario, au risque de devenir un peu technique, les démarches d’industrialisation précisent un cadre de structure réutilisable, non pas consécutivement, mais simultanément. Un peu comme si un bateau participait à plusieurs courses à la fois, avec des équipages différents : on rajoute une dimension à l’analyse post-opération, car un incident survenu dans une traversée doit être communiqué aux autres équipages, qui pourraient rencontrer le même problème. Encore faut-il pouvoir comparer les contextes de course.

Mais à ce petit jeu, si les projets ne sont pas assez nombreux ou trop différents, on risque bien de tirer des conclusions hâtives en comparant des pommes de terre et des pommes grany… ou des class40 et des trimarans.

Refaire la roue carrée 25 juillet, 2008

Posté par dailymanager dans : efficacite,innovation , ajouter un commentaire

L’organisation peut perdre un temps phénomal, et insoupçonné, dans les micro-opérations quotidiennes récurentes. Ces petites actions, que chacun faits et refaits à sa manière, individuellement, chacun de son coté… ça s’appelle refaire la roue.

Et il n’y a que les paons qui aiment ça.

Naturellement, les opérations pénibles opérées par la même personne font l’objet d’un traitement d’amélioration, pour augmenter leur productivité, et surtout réduire leur pénibilité. C’est chiant à refaire, donc je vais m’arranger pour le faire une seule fois pour toutes. Si tant est que quelqu’un s’en apperçoive un jour, on flattera les mérites de son effficacité personnelle. « Il sait s’organiser dans son travail », « Il a une bonne méthodo »…

Je parle ici de ces petites actions quotidiennes, comme alimenter en papier une imprimante, se procurer un nouveau crayon, receptionner un colis. Je vous en ai cité des administratives, parce qu’elles sont déjà tombées dans le bon sens commun des « services généraux ». Dans toutes les organisations, qui se définissent comme telles, la gestion des fournitures de bureau fait l’objet d’une logistique de pointe, qui permet au collaborateur qui cherche un nouveau crayon, de savoir où le chercher, et d’assurer qu’il en reste en stock. Et puis il y a tout le reste, non pris en charge, ces opérations qui nécessitent « juste » de l’huile de coude.

Je vous donne un exemple concret. Imaginez que au cours de votre boulot, vous ayez besoin d’un bon bouquin de référence. Imaginez qu’un système de bridage du réseau vous empêche de le trouver en versoin electronique. .. et vous vous souvenez avoir vu un bouquin papier trainer :

Premier reflexe logique, est ce que le bouquin n’est pas dans le coin ? ça se traduit en général par un regard circulaire, et si vous êtes vraiment motivé, vous vous levez et vous faites un rapide tour de tables. S’il n’y a pas ce que vous cherchez, déjà, vous pourriez abandonner… Et puis vous vous dites que si, quand même, ça vous dit quelquechose cette couverture… Vous allez donc vers cette armoire poussièreuse, et fouillez dans les grimoires tout aussi allergisants les uns que les autres, entre « Flex in action », à « La sécurité informatique », en passant par « Apprendre Java 1.0 en 10 minutes », via un grimoire digne de Harry Potter. Et là, vous pouvez perdre un temps fou à lire et relire les noms sur les tranches, comme quand vous cherchez ce fameux camembert Président caché dans le rayon de fromage : vous passez devant 10 fois devant sans le voir !

En début d’année, j’ai entrepris de classer la bibliothèque de la boîte. Oh on ne m’a rien demandé, bien entendu. C’était juste pas géré, et j’en ai eu marre.

Les collaborateurs qui avaient par le passé commandé des livres se plaignaient qu’ils disparaissent, et justifiaient ainsi leur découragement : « de toute façon, ils se font piquer, alors ça sert à rien d’acheter des livres… en plus ceux qui disparaissent c’est les meilleurs ». Première tâche, donc, les faire tamponner par le tampo de la boîte. Et puis on m’a signalé que « de toute façon, on ne sait pas qui les emprunte, alors ça sert à rien de les tamponner ». Vous noterez au passage, que quand une phrase commence par « de toute façon », c’est jamais très bon signe. Deuxième tâche, donc, trouver un système d’emprunt.

Je ne suis pas très procédure papier, et l’idée de tenir un livre de bibliothèque, en demandant aux emprunteurs de donner leur nom… ça m’a pas super enthousiasmé. ça revenait à rendre moins pénible l’opération de recherche, mais plus pénible l’opération d’emprunt, mais à tout reporter sur le bibliothécaire. Or évidemment, ça ne pouvait être que moi, et hors de question de me faire pourrir la vie en temps réél à chaque emprunt ou retour de livre…

Coté support technique, j’ai trouvé une solution qui m’a semblé pas trop mal, l’utilisation d’un logiciel qui existait déjà, Jira pour ceux qui connaissent, bref, c’est anecdotique. J’ai donc configué l’outil, renseigné tous les bouquins, et assigné les livres en cours d’emprunts aux bons collaborateurs. Dans la lancée, j’ai rajouté des fonctions de suggestions, de reservations, de commentaires… et j’ai même rédigé un support de communication, livré « prêt à marcher » aux responsables de la communication interne, pour faire une annonce élargie à tous les collaborateurs de la boîte. Je n’avais rien d’autere à faire ? Si, si , rassurez vous, ça m’ a pris 2 mois, à petites touches quand j’avais le temps.

Voilà un bon exemple d’une opération pénible récurente, que quelqu’un a spontannément améliorée. Maintenant, tous les collaborateurs devraient savoir que les livres sont référencés, et peuvent même savoir qui l’a emprunté. Seulement voilà, en dehors de cette personne courageuse (je m’envoie des fleurs !) , qui sait vraiment que cela existe ?

Il m’a manqué un élèment décisif pour finir ce travail : la communication. L’annonce « prête à envoyée » que j’avais réalisée n’a jamais été diffusée. S’arrêter si prêt du but, quel échec… Il n’y a pas eu le cerclage final, j’ai vaguement l’impression d’avoir réinventé une roue carrée.

 

Loin des yeux 22 juillet, 2008

Posté par dailymanager dans : amelioration,contexte,regie , ajouter un commentaire

Me voici à la prise de connaissance avec mon nouveaux poste, coté bureau, un emplacement temporaire en attendant une prochaine rotation de chaises musicales, et coté équipe, en période de juillet, pas mal d’interlocuteurs sont absents, et l’activité qui semblait calme ne l’est peut être pas tant que ça…

Je suis (verbe suivre, ce n’est pas une question de Julien Lepers) une méthode d’intégration dans une équipe et dans un domaine métier. Contrairement à ce que j’ai pu voir auparavant, l’intégration est un processus maîtrisé, pas une aggrégation de conversations café. Une nouveauté en ce qui me concerne…

Cette approche en 3 paliers est déjà singulière, car elle isole les coûts de montée en compétence. Niveau rapports d’activités, on impute sur le projet qu’au terme de la troisième phase : on ne plombe pas le budget avec de l’initialisation de poste et de la formation. C’est une première différence importante par rapport à ce j’ai pu voir auparavant, et qui nous a coûté tellement cher sur l’initialisation de projets… ou le turn-over d’une équipe. En conséquence, cette phase est transférée sur les coûts de structure, et il leur a été indispensable de se pencher sur leur optimisation.

 J’en suis à cette première étape, qui consiste en la prise en main d’un petit livre d’intégration, qui sert de référence absolue pour les projets. Il décrit l’approche générale de la boîte, n’hésitant pas à redéfinir les termes standards, puis il passe en revue tous les processus et les acteurs, les rôles et les livrables. C’est tout simplement limpide, et je retrouve des réponses opérationnelles aux problématiques qu’on a pu rencontrer dans le passé sur les projets au forfait. Cela me donnera matière à quelques commentaires futurs, et je l’ai immédiatement transmis aux responsables identifiés sur les projets de ma société de services. Reste à voir si les principes théoriques et les processus décrits sont respectés, mais comme ils sont décrit de manière très opérationnelle et pragmatique, mais je suis assez confiant : il y a des contrôles et audits intégrés aux qualifications projets.

Et si finallement, nombre de nos clients avaient déjà formalisé ce que nous avons tant de mal à identifier en interne ? J’ai déjà exprimé mon principal grief, qui est une sous utilisation des collaborateurs qui sont en régie. Il est difficile, voire impossible, de savoir ce que font les 3 quarts de nos collègues. Ou alors il faudrait établir des relations points à points, presque un travail à temps plein. Certes, la direction commerciale et la direction RH ont des informations en ce domaine, mais seulement par des approches ponctuelles, et pas de vue d’ensemble.

Une méconnaissance dont la direction technique est la première pénalisée. Je me souviens qu’un besoin s’est fait récemment cruellement ressentir sur le pôle conseil. Un client qu’il fallait accompagner et former sur des pratiques de formalisation UML2 pour ses uses cases fonctionnels : impossible alors de savoir qui pouvait répondre pertinemment à ce besoin, et la direction s’est immédiatement tournée vers des personnes capables de faire des claquettes, avec une auto-formation accélérée. Or figurez vous que c’est le quotidien des consultants fonctionnel que j’ai rejoints, mais je doute que cela se sache beaucoup…

La connaissance des compétences des collaborateurs est pourtant un point central dans la gestion des ressources. Dans un contexte de « culture orale », sur laquelle je reviendrai, seuls les anciens collaborateurs sont identifiés, et accidentellement ceux qui sont en intercontrat ou sur des projets forfaits. Oh on me dira que j’exagère, mais l’exemple que je viens de vous citer est incontestable : quand on doit répondre à un besoin, assigner une tâche à quelqu’un, on pensera en premier lieu aux personnes disponibles ou visibles. Si vous êtes en régie, en tant que profil non disponible, vous disparaissez des radars… C’est un discours ambivalent qu’on entend alors : ceux en régie ne sont pas assez impliqués pour la société. Pour une poignée de main, il faut pourtant tendre 2 bras. Et pour aller au bout de la métaphore, à rester le bras tendu, certains ont eu des crampes. J’ai récemment signifié que même si je suis en régie, je reste disponible pour prêter main fort à l’activité d’avant vente : j’attends de voir si je serai vraiment sollicité ou si il faudra que j’aille moi même chercher un dossier, faire du lobbying pour ne pas être oublié. Houhou je suis encore vivant…

Pour en revenir sur la dichotomie des activités, une équipe mobilisée et isolée sur l’exercice des forfaits finit par se scléroser, finit par réfléchir d’une seule et unique manière. L’apport de points de vue extérieur ne peut être qu’enrichissant, apportant de l’innovation. Lève la tête de ton guidon : l’alternance forfait/régie est à mon sens salutaire pour le collaborateur ET pour la direction de projets. Les expériences en régie sont autant de possibilités non exploitées de capitalisation.

Comment rendre visibles et identifier les compétences, les pratiques, les outils utilisés à l’extérieur ? Evidemment, le volume d’information est important, et la canalisation et le filtrage de ces retours est un travail fastidieux. Oh, certes, il y a bien les communautés de pratiques, mais elles sont encore balbutiantes, et avec un couplage trop faible avec la direction des opérations et la direction technique. Elles s’isolent par leur fonctionnement en bulle fermées et autonomes.

Récemment j’ai cru comprendre que les lignes allaient bouger.

La pratique de retour d’expérience devait s’étendre à toutes les missions, via notamment la vitrine école interne… malheureusement, ce discours a des limites. Dans l’auditoire de ces exposés, on ne retrouve que des collaborateurs et trop exceptionnellement des représentants de la direction : nous capitalisons entre nous, accélérant notre montée en compétence individuelle, mais les décideurs, et donc le collectif, n’en profite pas.

J’ai également récemment entendu parler de l’initiative des consultants-managers, relais supplémentaire entre la structure et les collaborateurs. Quelques pilotes ont été lancés, mais il n’y a pas eu de présentation ou de communication là dessus. Faute de m’y être intéressé, je ne sais pas si il y a un couplage avec la direction technique et si ce n’est pas une initiative isolée.

Seront ils le chaînon manquant de l’évolution de la société ? J’espère qu’on descendra de l’arbre en douceur !

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