navigation

Respect ontologique 15 septembre, 2008

Posté par dailymanager dans : communication,contexte , trackback

La représentation formelle et symbolique des connaissances repose sur des langages formels composés d’une part de règles syntaxiques génératives pour la construction de formules et d’autre part de règles de composition sémantique associant aux formules construites une signification.

« Un fennec m’a mordu. »

Pour paraphraser, la construction syntaxique assemble les formules à partir de primitives dont le sens se compose pour donner la signification des formules. La tâche des ontologies est définir quelles primitives munies de leur signification sont nécessaires pour la représentation des connaissances dans un contexte donné.

L’inventaire syntaxique du bingo bullshit consiste à identifier les terminologies dont le sens est si contextuel qu’il en est devenu indissociable. S’il on ne sait pas qui parle, où il parle, à qui il parle, on passe à coté du sens du message. La plupart du temps, les grilles de bingo bullshit sont composées de mots anglophones, quelque fois par pur snobisme, mais souvent parce qu’il n’existe pas d’équivalent dans la langue maternelle, où alors le mot pressenti occupe déjà un autre champ sémantique.

« J’adresse des problématiques de management. »

L’approche ontologique est fondamentale dans la compréhension des contextes métiers, la reformulation, le diagnostic et l’amélioration. Plus généralement il permet à un discours d’être plus pertinent, alors qu’il véhicule les mêmes concepts.Apprendre un métier, ça commence par en dessiner une ontologie.

Définir une ontologie est une tâche de modélisation menée à partir de l’expression linguistique des connaissances. La modélisation s’effectue en trois étapes, correspondant à trois engagements : un engagement sémantique, fixant le sens linguistique des concepts, un engagement ontologique fixant leur sens formel et enfin un engagement computationnel
déterminant leur exploitation effective.

Il est nécessaire de contraindre l’interprétation spontanée que fait tout spécialiste à partir des libellés d’un discours pour que, respectant ces contraintes d’interprétation, tout spécialiste associe les mêmes significations que ses confrères à un libellé. Sinon, ce libellé ne peut être considéré comme un concept, et ne correspond donc pas aux primitives recherchées. Le problème est en effet que tout spécialiste, confronté au libellé d’un concept, l’interprète en fonction du contexte dans lequel il se trouve. Par conséquent, ce libellé ne peut être utilisé comme une primitive puisque, par définition, une primitive doit être définie de manière non contextuelle, indépendamment des autres primitives.

« C’est ce que je voulais dire depuis une heure ! »

« Ah alors on est d’accord, j’avais cru comprendre que tu disais l’inverse. »

En contraignant l’interprétation effectuée par les spécialistes, la même signification est associée quel que soit le contexte, c’est-à-dire indépendamment du contexte. C’est à cette condition que le libellé, pourvu de cette signification, peut fonctionner comme une primitive et être mobilisé pour la représentation formelle des connaissances.

« Ah tu sais, un ingénieur d’affaire, chez nous, ça veut dire autre chose. »

Le problème est donc de partir de la sémantique de la langue naturelle pour arriver à la définition non contextuelle d’un libellé.La base de la communication est de transmettre un message. Entre deux contextes donnés, il faudra que l’une ou l’autre des deux parties fasse l’effort de s’adapter à l’ontologie de l’autre.

Dès lors, le choix et l’utilisation d’un terme devient fondamental. La première étape dans la mise en place d’une relation communicante est de poser les bases de l’ontologie en rigueur. Dans une entreprise, cette base découle directement de la culture d’entreprise. Dans les pratiques AMOA, on a souvent recours à la construction d’un glossaire, au prélable à tout argumentaire. J’ai pu me frotter à la pratique de mise en place d’un SBVR, c’est loin d’être évident.L’utilisation d’un terme pour un autre est un impératif dont il ne faut pas sous estimer les impacts. Un manager, au sens d’encadrement d’équipe, est aux première loge de cette exigence. Faute de ne pas être associé au bon concept, la communication peut être contre productive, frustrante et source de conflits.  Le manager devra alors perdre son temps précieux en réunions d’équipes pour compléments d’informations, rectificatifs, explications tardives et résolutions de conflits inutiles.

Le choix des mots est un exercice exigeant : dans les vocabulaires métiers, les termes ont des références bien précises, qu’il peut être hasardeux de chambouler. Un chef de projet, un architecte technique, un analyste métier, il y a des rôles très précis derrière les termes, qui se définissent dans le lexique général du marché du travail, bases nécessaire à la publication d’offres ou de candidatures.

Bien souvent, dans une entreprise, le syntaxique et le sémantique sont redéfinis, réinventés, et intervertis. Cela nécessite alors un réapprentissage qui est loin d’être anodin. Il arrive qu’un nouvel embauché découvre sur le terrain ce que l’entreprise voulait dire par « chef de projet » dans son offre d’emploi… C’est d’ailleurs à ça aussi que servent les périodes d’essai. De même, les réorganisation et les changements de directions sont souvent impactées directement par ce facteur, puisque les nouveaux dirigeants appliquent spontanément leur lexique sur une population qui en utilisait un autre. Cette période de flottement est l’occasion de quiproquos, plus ou moins préjudiciables.

« Quand il nous parle de projets, il nous parle de ses anciens projets mais ça n’a rien à voir ! »

« Il ne sait pas de quoi il parle. »

Dans ma société actuellement, il existe des flottements sémantiques qui sont destabilisants pour tout le monde. Soucieux de bien faire comprendre que l’organisation interne a changé, ne voulant pas réutiliser les anciens mots dans un nouveaux contexte, on assiste à une escalade sur l’échelle de l’inventivité lexicale. Combinaisons de termes extraits d’autres domaines, extansions de groupes nominaux, il semble plus important de trouver un titre à un rôle que de définir sa focntion.

On peut alors se demander si cela est vraiment utile de redéfinir les termes qui existent déjà. Car, une construction ontologique interdit d’avoir deux mots pour le même concept. Si l’un est utilisé à la place de l’autre, il existe toujours des subtilités de sens. Les synonymes n’en sont jamais, ils se complètent et se définissent réciproquement.

« Un tabouret est une chaise sans dossier ». « Une chaise de bar est une chaise sur-élevée ».

Avant d’inventer un terme, il faut donc vérifier qu’on souhaite décrire un concept nouveau ou simplement plus précis.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ontologie_(informatique)

 

 http://en.wikipedia.org/wiki/Semantics_of_Business_Vocabulary_and_Business_Rules

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

sitehgeo4 |
"L'arbre qui tombe peut fai... |
Dra. Monica Guia |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | citoyen
| Petite écologie d'un insect...
| SonyaT